Bilan des ventes de motos en France : chiffres, tendances et perspectives 2026
Le marché français de la moto repart fort avec +6,3 % d’immatriculations sur le semestre.
- 101 595 motos et scooters immatriculés au premier semestre 2026.
- Les 125cc progressent de +14,5 %, près de 28 000 unités.
- 73 778 cartes grises pour les grosses cylindrées.
- Les trails (+19 %) et sportives (+12 %) dopent la croissance.
- CFMoto bondit de +95,1 % chez les constructeurs chinois.
- Le prix moyen d’une moto neuve a grimpé de +40 % en cinq ans.
Analyse du marché moto : chiffres, tendances et projections 2026
Le marché français de la moto affiche une dynamique positive sur le premier semestre 2026, avec 101 595 motos et scooters immatriculés, soit une hausse de +6,3 % par rapport à la même période l’an passé. Cette croissance concerne notamment les grosses cylindrées (+125cc), qui totalisent 73 778 cartes grises, tandis que les 125cc progressent de +14,5 % avec près de 28 000 unités. Sur les cinq grands marchés européens, la tendance est encore plus marquée avec +16,8 % d’immatriculations au premier semestre, portée par un premier trimestre en forte hausse (+21,1 % pour les motocycles).
Cette reprise succède à une année 2025 difficile, marquée par une baisse de 12,9 % des immatriculations de deux-roues motorisés en Europe. Le retournement s’explique par un regain d’intérêt pour les trails (+19 %) et les sportives (+12 %), deux segments porteurs. Les constructeurs chinois comme CFMoto (croissance de +95,1 %) bousculent le classement, tandis que le prix moyen d’une moto neuve a bondi de +40 % en cinq ans, orientant une partie des acheteurs vers l’occasion.
Chiffres mensuels des ventes et immatriculations motos en France

| Mois | Immatriculations 125cc | Évolution 125cc | Immatriculations gros cubes | Évolution gros cubes |
|---|---|---|---|---|
| Mai | Non communiqué | +16,9% | Non communiqué | -10,2% |
| Avril | 5 867 | +21,9% | Inclus dans 15 143 | +5,4% |
| Mars | Non communiqué | +23,4% | Non communiqué | +13,4% |
| Février | 2 933 | Non communiqué | 8 816 | Non communiqué |
| Janvier | Non communiqué | -11,2% | Non communiqué | +10,7% |
Une bascule nette vers les 125cc en cours d’année
Le début d’année affiche une tendance contrastée. En janvier, les immatriculations de 125cc chutent de -11,2%, tandis que les gros cubes progressent de +10,7%. Le mois de février confirme l’écart avec seulement 2 933 unités côté 125cc contre 8 816 pour les grosses cylindrées.
Dès mars, le mouvement s’inverse nettement. Les 125cc bondissent de +23,4% pendant que les grosses cylindrées ralentissent à +13,4%.
Un marché à deux vitesses au printemps
Le mois d’avril marque un tournant : les 125cc atteignent 5 867 immatriculations, soit +21,9% par rapport à l’année précédente. Les motos et maxiscooters toutes cylindrées confondues totalisent 15 143 unités, en hausse de +5,4%.
En mai, le phénomène s’amplifie. Les ventes de 125cc progressent encore de +16,9%, tandis que les grosses cylindrées chutent lourdement à -10,2%. Sur ce mois, le marché global des concessions recule de -3,5% avec 17 689 immatriculations.
Cette désaffection pour les gros cubes au profit des 125cc traduit une recherche d’économies face au prix moyen d’une moto neuve, qui a augmenté de +40% en cinq ans. Une tendance qui redessine la physionomie du marché français.
Top des marques et modèles de motos les plus vendus
Les constructeurs qui dominent le marché français
Le palmarès des immatriculations en France est sans appel: Honda conforte sa place de leader avec 38 687 unités écoulées, pour une part de marché de 23,22%. La marque japonaise devance ses concurrents grâce à un catalogue équilibré entre roadsters accessibles et trails polyvalents.
Derrière ce trio de tête, l’événement majeur vient de CFMoto. Le constructeur chinois affiche une croissance spectaculaire de +95,1% et s’installe durablement dans le top 6 des marques les plus vendues. Une performance qui illustre l’appétit des motards pour des machines au rapport équipement-prix imbattable.
Les modèles qui performent et ceux qui reculent
Côté podium des modèles, la hiérarchie évolue rapidement. La BMW R 1300 GS reste la référence du segment trail avec 3 681 unités, mais accuse un recul de -20,4%, signe d’un essoufflement après plusieurs années de domination. Dans le même temps, la Honda Hornet CB750 séduit toujours avec 3 414 ventes, malgré une baisse de -19,3%.
Seule la Yamaha Tracer 9 tire son épingle du jeu dans le haut du classement avec une progression de +2,6%. Preuve que les motards se tournent vers les trails routiers polyvalents plutôt que vers les roadsters nus.
Ce repositionnement s’accompagne d’une réalité budgétaire : le prix moyen d’une moto neuve a bondi de +40% en cinq ans. Une inflation qui pousse une partie des acheteurs vers l’occasion et vers les marques chinoises, dont les tarifs restent compétitifs malgré des équipements de plus en plus complets.
Les segments du marché moto en détail (125cc, grosses cylindrées, cyclo, roadster)
Décrypter le marché moto segment par segment permet de comprendre quelles motos séduisent vraiment les acheteurs et lesquelles peinent à trouver leur public.
Les segments porteurs : 125cc, trails et sportives
Le segment des 125cc confirme son dynamisme avec une progression de +14,5% au premier semestre, portant les immatriculations à près de 28 000 unités. Cette cylindrée, accessible dès 16 ans avec le permis A1, attire un public jeune qui représente l’avenir du marché. Les trails +400cc enregistrent une croissance de +19% au premier trimestre, confirmant leur statut de valeur sûre pour les motards cherchant polyvalence et confort au quotidien.
Les sportives progressent également de +12% sur la même période, séduisant une clientèle en quête de sensations. Les routières sportives affichent une hausse de +7,5% en septembre, preuve que les machines orientées vers les longs trajets conservent leurs adeptes. À noter que les maxiscooters sont comptabilisés dans les statistiques des grosses cylindrées, ce qui renforce mécaniquement leurs volumes.
Les segments en difficulté : cyclomoteurs, customs et roadsters
À l’inverse, les cyclomoteurs 50cc subissent une chute spectaculaire de -19% sur l’année, avec seulement 162 668 unités vendues. Les customs et les roadsters enregistrent respectivement des baisses de -16,7% et -14,7% en septembre. Cette désaffection s’explique par un prix moyen des motos neuves en hausse de +40% en cinq ans, qui redirige une partie de la demande vers les segments plus polyvalents.
Le marché des grosses cylindrées reste néanmoins solide avec 73 778 cartes grises au premier semestre, ce qui maintient la France parmi les leaders européens. Le défi pour les constructeurs sera de renouveler l’attrait des roadsters et des customs face à la domination des trails, tout en rendant les 125cc plus accessibles pour capter les futurs motards.
L’impact des marques chinoises sur le marché français de la moto
Les constructeurs chinois ne sont plus des acteurs marginaux. CFMoto affiche une croissance spectaculaire de +95,1% et intègre le top 6 des marques sur le marché français. Ce succès s’explique par un rapport équipements-prix très agressif, soutenu par des partenariats techniques avec des marques établies comme KTM.
La dynamique profite à tout l’écosystème chinois. Zontes progresse de +89,8% et s’impose même comme deuxième marque sur le segment des 125cc avec 223 ventes sur un mois. Voge consolide sa position (+6,4%), tandis que Benda explose littéralement avec +337% d’immatriculations. Ces marques séduisent une clientèle jeune, sensible aux prix et aux finitions modernes.
Cette offensive chinoise redessine la hiérarchie du marché. Elle pousse les constructeurs japonais et européens à accélérer leurs baisses de prix, alors que le prix moyen d’une moto neuve a déjà bondi de +40% en cinq ans. Pour les motards, l’arrivée de ces nouveaux acteurs élargit considérablement l’offre d’entrée de gamme, mais invite à la vigilance sur la valeur de revente et la disponibilité des pièces détachées.
Marché de la moto : thermique vs électrique, état des lieux
| Segment | Évolution neuf 2025 | Évolution occasion 2025 | Part de marché 2025 |
|---|---|---|---|
| Moto électrique | -29% | +57% | 1,7% |
| Cyclo électrique | -35% | +34% | 8% du segment scooter |
| Marché électrique global | -6% (28 024 unités) | +6% | ~2% du marché total |
| Thermique | -1% (motos) | -1% | ~98% |
Le constat est sans appel : l’électrique ne décolle pas sur le neuf, avec une chute de -29% pour les motos et de -35% pour les cyclos sur l’année. La part de marché stagne à 1,7%, et le scooter électrique recule de 12% à 8% sur son segment. Les prix d’achat encore élevés et l’offre thermique toujours plébiscitée expliquent cette désaffection.
Pourtant, un phénomène inverse se produit sur l’occasion. Les transactions de motos électriques d’occasion explosent de +57%, et les cyclos électriques suivent avec +34%. Les premiers adoptants revendent leurs machines, offrant aux acheteurs budget serré un accès à l’électrique à prix doux. Ce dynamisme de l’occasion compense partiellement la faiblesse du neuf.
Le marché global de l’électrique (28 024 unités) reste donc en retrait de -6%, mais il se structure. Les constructeurs chinois, déjà très présents en thermique, commencent à investir ce segment avec des modèles accessibles. L’avenir de la moto électrique passera probablement par une démocratisation des prix, comme l’a montré le succès des scooters urbains à petite cylindrée.
Le marché de l’occasion des motos en France
La vente de motos d’occasion représente un pilier central du marché français. Avec 763 000 transactions réalisées sur l’année, l’occasion pèse désormais 77 % du marché global des deux-roues, contre 75 % l’année précédente. Un mouvement de bascule s’observe clairement : les acheteurs se tournent massivement vers ce canal, notamment en raison de la flambée des prix du neuf.
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L'engouement pour l'occasion ne dispense pas de vérifier la conformité de sa machine : le contrôle technique moto détaille les véhicules concernés et les cas d'exemption.
77 % du marché global : la part de l’occasion ne cesse de progresser et s’impose comme la norme pour l’achat d’une moto.
763 000 transactions en 2025 : un volume qui contraste fortement avec les 227 031 ventes de motos neuves enregistrées sur la même période.
Occasion motos : 475 440 unités : les motos représentent la grande majorité des transactions, loin devant les scooters et cyclomoteurs.
Motos 2-3 ans privilégiées par acheteurs : les motos de 2 à 3 ans constituent le cœur du marché, offrant le meilleur compromis entre décote et technologie récente.
Premium occasion : +2 % : les gros cubes premium progressent de 2 % à l’occasion, alors que le même segment est en léger recul de 1 % au neuf.
Pourquoi l’occasion séduit autant les motards
Le premier facteur explicatif est financier. En cinq ans, le prix moyen d’une moto neuve a bondi de 40 %, ce qui a mécaniquement exclu une partie des acheteurs du marché du neuf. L’occasion permet d’accéder à des modèles récents avec un budget plus maîtrisé. Les motos de 2 à 3 ans, en particulier, bénéficient d’une décote déjà significative tout en conservant les équipements modernes.
Un second effet joue en faveur de l’occasion : la rétention des propriétaires. Les motards gardent leur machine plus longtemps, ce qui rend l’offre de véhicules d’occasion plus rare et maintient des prix élevés. Cette rareté relative explique pourquoi, malgré un marché de l’occasion globalement stable à -1 % avec 475 440 unités, certains segments comme le premium progressent. Le scooter électrique d’occasion suit la même logique avec une progression de +6 % au premier trimestre, signe que le réflexe “seconde main” s’étend à toutes les motorisations.
